[Total : 1    Moyenne : 5/5]

L’argousier est indigène dans le nord-ouest de l’Europe et au centre de l’Asie, du massif de l’Altaï jusque dans l’ouest et le nord de la Chine et le nord de l’Himalaya.

Informations générales

Nom latin
Hippophae rhamnoides L.

Famille
Elaeagnaceae

Noms courants
argousier, argasse, grisset, saule épineux, bourdaine marine, faux nerprun, épine luisante, sea buckthorn (en anglais)

Utilisations historiques
Dans la Grèce antique, l’argousier était utilisé comme fourrage pour les chevaux afin de favoriser le gain de poids et de rendre leur pelage reluisant. En fait, le mot qui désigne le genre de l’argousier “Hippophae” signifie littéralement ” cheval reluisant “.
L’argousier est utilisé depuis des siècles en Europe et en Asie comme aliment ainsi que pour ses propriétés pharmaceutiques.
Des textes anciens rapportent également que l’argousier était utilisé aux fins suivantes :
pour faire baisser la fièvre, réduire l’inflammation, combattre les intoxications et les abcès et nettoyer les poumons;
pour traiter le rhume et la toux;
pour traiter les tumeurs et les excroissances, surtout à l’estomac et à l’œsophage.
Utilisations actuelles

Aliment fonctionnel

Le jus des baies de l’argousier est consommé couramment dans plusieurs régions d’Asie et d’Europe. Il est très riche en protéines, en vitamines C et E et en acides organiques.
On peut obtenir une infusion nutritive à partir des feuilles fraîches ou séchées.
Les feuilles, les jeunes branches et la pulpe des fruits peuvent être données aux animaux.

Propriétés médicinales

L’application topique d’huile d’argousier permettrait de traiter les irritations cutanées dues au soleil, à la chaleur, aux brûlures causées par des produits chimiques ou par irradiation, à l’eczéma et aux blessures qui cicatrisent mal. Les cosmonautes russes utilisaient l’argousier pour se protéger des radiations cosmiques.
L’huile produite à partir des baies d’argousier est riche en vitamine E, caroténoïdes, phytostérols et en acides gras essentiels. Toutes ces substances sont reconnues pour leurs propriétés médicinales, en usage interne ou externe.

Intérêt agronomique et environnemental

L’argousier est un arbuste très rustique dont le système racinaire se ramifie très rapidement et possède la capacité de fixer l’azote. Il peut donc s’adapter en sol peu productif et même contribuer à enrichir le sol au point où d’autres plantes peuvent y être cultivées. L’argousier est assez tolérant aux applications de sel en bordure des autoroutes. Il a notamment été utilisé aux fins suivantes :
pour lutter contre l’érosion des sols et pour les projets de réhabilitation des terres;
pour améliorer les habitats fauniques (figure 1) et protéger les zones agricoles;
comme arbuste ornemental.

Arbuste argousier bio fruit antioxydant naturel puissant

Arbuste argousier bio fruit antioxydant naturel puissant

Caractéristiques de l’argousier

L’argousier est un arbuste décidu, qui mesure généralement de 0,5 à 6 m de hauteur et d’envergure, mais il peut atteindre 18 m en Asie centrale. Les arbres mâles sont plus dressés que les arbres femelles dont le feuillage s’étend davantage en largeur. Il a tendance à drageonner s’il n’est pas bien entretenu. L’argousier peut résister à des températures aussi basses que – 40°C. Il est tolérant à la sécheresse et au sel. L’argousier a besoin de plein soleil pour bien se développer et ne peut tolérer d’être à l’ombre d’arbres plus gros. Les branches sont denses, dressées et très épineuses sur les rameaux terminaux et axillaires. Les feuilles sont linéaires ou lancéolées, de 3 à 8 cm de longueur et de 7 mm de largeur; le dessus des feuilles est d’un gris vert foncé et le dessous est pâle, de couleur gris argenté. L’argousier est un arbuste dioïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles poussent sur des arbres distincts. Les fleurs sortent avant les feuilles et poussent sur le bois de deux ans; elles se présentent sous forme de petites grappes à l’aisselle des feuilles tout le long de la branche. La pollinisation des fleurs femelles a lieu à la mi-mai et elle dépend entièrement du vent qui disperse le pollen des fleurs mâles. Le mûrissement des fruits survient une centaine de jours après la pollinisation. Les fruits de l’argousier sont de forme et de couleur variables, mais ils sont habituellement globulaires ou ovales et de couleur jaune à orange vif. La forme et la taille des fruits, ainsi que le contraste entre leur couleur et celle du feuillage lui confèrent ses qualités ornementales.

Parties utilisées
Les feuilles et les jeunes branches
Les baies
Pratiques agronomiques

Zone de rusticité
Arbuste ligneux – arbre de petite taille, rustique jusqu’en zone 3 (- 40°C).
Germination des semences
Les semences vont germer de 3 à 10 jours après la stratification qui permet de lever la dormance, selon la température.
La stratification est nécessaire pendant 90 jours à une température de 3 à 5 °C, en conditions humides, afin d’assurer une bonne germination lorsque les semences sont semées au printemps ou en serre.
Les semences fraîches peuvent être directement mises en terre à l’automne puis recouvertes de 5 mm de sol.

Multiplication
Par les semences, mais les plantules ne sont pas nécessairement identiques au plant femelle et il peut s’agir d’un plant mâle.
Par bouture semi-ligneuse- méthode simple, peu coûteuse et très efficace.
Par bouture ligneuse – méthode simple, peu coûteuse et moyennement efficace.
Les boutures de racines sont assez efficaces.
Par les drageons – méthode simple, peu coûteuse, mais les drageons ont une faible masse racinaire et peuvent subir un choc de transplantation.

Ensoleillement
Plein soleil

Type de sol
L’argousier s’adapte à une grande variété de sols, notamment ceux qui sont peu productifs comme les sols sablonneux et caillouteux pauvres en éléments nutritifs et ayant une faible capacité de rétention d’eau. L’argousier affectionne les loams légèrement à moyennement sableux et bien drainés.
Tolérance moyenne aux sols salins.
pH optimal : entre 6 et 7

Besoins en eau
Bien que tolérant à la sécheresse, l’argousier demande des précipitations annuelles d’au moins 400 mm pour donner un rendement satisfaisant en fruits. La mise à fruits, dans un verger à proximité de Wingham, en Ontario, a eu lieu deux semaines plus tôt en 2006, comparativement à 2005. Du 1er mai au 1er septembre, les degrés-jours de croissance (1516 contre 1362) et les unités thermiques (2366 contre 2162) ont été plus élevés en 2005 qu’en 2006. Par contre, les précipitations ont été beaucoup plus importantes en 2006 (335 mm contre 239,6 mm). Les précipitations additionnelles en 2006 ont vraisemblablement contribué à favoriser une mise à fruits plus hâtive et une hausse du rendement.

Espacement

L’aménagement de la plantation sera différent selon que la récolte est mécanique ou manuelle. Généralement, la densité de plantation est de 600 à 1000 plants à l’acre, avec un plant mâle pour 7 plants femelles.

Récolte

Lorsqu’on ne plante que quelques arbustes, les baies peuvent être facilement récoltées à la main. La somme de travail exigée est similaire à ce que demande la récolte de framboises. Les épines des argousiers peuvent parfois causer certains problèmes, mais les jeunes plants sont souvent exempts d’épines. Certaines variétés sans épines sont disponibles, et les efforts de sélection devraient permettre d’en avoir davantage à l’avenir. Plus il y a d’arbres dans la plantation, plus la récolte exige de travail. Des statistiques chinoises démontrent que jusqu’à 1500 heures-personnes à l’hectare sont nécessaires pour la récolte manuelle. D’après les observations recueillies au verger de Wingham, cependant, il semble que la récolte manuelle d’un hectare prenne beaucoup plus que 1500 heures, surtout lorsqu’on tente de ne récolter que les fruits intacts. En effet, les fruits sont fixés solidement au plant et ne s’enlèvent pas facilement de la branche. Des cueilleurs expérimentés ont réussi à récolter 1 à 1,5 kg de fruits intacts à l’heure.

Il devient toutefois de moins en moins difficile de cueillir les fruits des arbres à mesure que la saison avance. Malheureusement, la qualité des fruits diminue aussi pendant ce temps; il est donc important de déterminer la période idéale de récolte pour les différentes régions productrices.
Les exploitations commerciales efficaces qui produisent de l’argousier devront tôt ou tard s’équiper d’une récolteuse mécanique. Plusieurs types de récolteuses ont été mis au point, y compris un secoueur inventé en Saskatchewan. Comme pour toutes les plantes cultivées pour usage nutraceutique, médicinal ou culinaire, la manutention postrécolte des baies d’argousier doit se faire conformément aux pratiques agricoles recommandées. Après le nettoyage, les baies doivent être transformées le plus tôt possible; elles peuvent aussi être conservées à des températures fraîches (4 à 6°C), ou surgelées s’il est impossible de les transformer dans l’immédiat. La durée de conservation des fruits entreposés à des températures fraîches peut aller jusqu’à deux semaines. Les baies conservent leur forme lorsqu’elles sont décongelées. Les fruits récoltés au verger de Wingham sont utilisés à l’état frais ou congelés et sont vendus dans les marchés publics près de Huntsville. Les fruits sont transformés en divers produits : gelées, concentrés de jus, nectars, salsas et pains fabriqués à partir de la pulpe et des grains après extraction du jus. Les jeunes pousses sont séchées et broyées pour être utilisées comme infusion.

Autres éléments à considérer

Comme pour toutes les cultures de remplacement, les nouveaux producteurs doivent découvrir par eux-mêmes les coûts de production et les débouchés pour l’argousier. De plus, avant de faire toute allégation sur les propriétés nutraceutiques et médicinales de l’argousier, les producteurs doivent vérifier que ces allégations sont conformes à la réglementation de la Direction des produits de santé naturels, de Santé Canada.

Références

Li, T.S.C et Beveridge, T.H.J. 2003. Production et utilisation de l’argousier (Hippophae rhamnoides L.) Presses scientifiques du CNRC, Ottawa. (www.monographs.nrc-cnrc.gc.ca)

Zeb, A. 2004. Important therapeutic uses of sea buckthorn (Hippophae): A review. J. of Biological Sciences 4(5) : 687-693

La présente fiche Info a été rédigée par Jim Todd, spécialiste des cultures de remplacement, Division de la phytotechnie, Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*